Un homme âgé qui a connu la guerre.Toute cette actualité me dégoûte. Je hais ces politiciens. Depuis quatre-vingts ans que je les écoute, ils n’ont pas changé. Tous les mêmes ! Qu’ils brûlent en enfer !
Tout ce qu’ils savent faire c’est parler, manger et parler encore. Ils disent qu’ils sont patriotes, mais en réalité, ils ne pensent qu’à leurs intérêts. Quand ils décrètent la guerre, s’inquiètent-ils seulement de toute cette jeunesse qui va périr par les armes ? De toute cette souffrance et de ces horribles images que nous portons en nous jusqu’à la fin de notre vie ?
Bien sûr que non ! Ils sont surtout préoccupés par leur statut social et leur escarcelle.
Tout ce sang balayé par une poignée de main. Quel gâchis !
Ah, mes compagnons ! Pas une seule journée ne s’est écoulée sans que je ne pense à vous, et à toi, Marianne, et à ton si joli sourire…
Ton souvenir est si présent en moi que les années n’ont pas réussi à l’effacer.
Chaque soir, je me réinvente une vie passée à tes côtés. J’aurais transformé ce jour fatidique en la plus belle journée de mon existence. Je t’aurais demandé en mariage et nous aurions vieilli ensemble. Mais on ne peut pas changer le destin, n’est-ce pas ?
Aujourd’hui, les heures qui passent me remplissent de joie car elles me rapprochent toujours un peu plus de toi. Et je sais qu’un de ces beaux matins, mon rêve se réalisera enfin.